Ceci n’est pas un post politiquement orienté.( enfin nous essayerons). 
Mais depuis notre arrivée par le Sud de la Bolivie une chose nous a marquée. C’est cette omniprésence de messages politiques en soutien à Evo Morales, l’actuel président, sur les bords des routes. Tous les murs des villages, des ponts que nous traversons sont recouverts de 2 types de messages:
- les plus anciens affichent: SÍ (oui) MAS. EVO 2019 
- les plus récents sont bleu, blanc noir et affichent: EVO 2020-2025
On ne pouvait pas voir défiler ses messages à longueur de journée sur les routes sans comprendre. Rappelez vous nous roulons en moyenne à 60km/h donc on a le temps d’apprécier ses messages...

Nous sommes donc partis en quête d’informations. De même souvenez-vous que nous ne sommes pas branchés constamment à l’internet nous sommes donc obligés de parler aux gens 👀
Chanceux lors de notre passage dans la ville de Potosí au détour d’une rue nous nous sommes retrouvés dans une marée bleue noire et blanche de supporters d’Evo Morales. Ils se réunissaient pour célébrer l’ouverture de son bureau de campagne régionale pour les prochaines élections présidentielles qui auront lieux en Novembre pour un mandat qui débutera début 2020. Oui les choses prennent un peu de temps ici 😉. Cette réunion de supporters fut pour nous l’occasion idéale d’en savoir plus et nous sommes tombés sur un Monsieur ravis de nous faire partager sa vision de la situation actuelle. 

Pour lui Evo est une chance (logique), ce fut le premier président Bolivien d’origine indigène. 

Grâce à Evo la Bolivie n’est plus à la botte des USA et de la CIA, selon ses mots. Evo est à la tête du pays depuis 3 mandats, sa présidence ayant débuté il y 13 ans. Il brigue aujourd’hui son 4eme mandat et nous y reviendrons. Selon ce monsieur Evo a permis de relier les provinces Boliviennes enclavées grâce à des routes asphaltées, ce que nous avons pu vérifier. Et il continua “Evo a permis de lutter contre le travail des enfants en allouant une donation annuelle aux familles dont les enfants mineurs n’étaient pas déscolarisés et finissaient une année scolaire”. Même chose pour les femmes enceintes “Evo a permis de réduire le taux de mortalité en couches des femmes en proposant de payer ses femmes à chaque visite trimestrielle effectuée dans un hôpital “. 

Tout ceci est plutôt louable mais nous avons ensuite tenté de le questionner sur un mouvement de grève que nous avons rencontrés lors de notre arrivée à Potosi. La ville était bloquée par des barrages en protestation contre l’exploitation du Lithium sous le Salar de Uyuni, plus grande réserve de Lithium mondiale. 

Or le Lithium est un peu l’Or de notre époque. Indispensable au fonctionnement des batteries de nos smartphones, ordi portable et voitures électriques. Logiquement tout le monde se l’arrache. Et Evo Morales qui est un president reconnu pour être le premier à avoir donné des droits à la Pacha Mama, la terre nourricière; fut quand même le président qui céda l’exploitation de ce Lithium sous le Salar à une entreprise chinoise/allemande.

 Les grèves que nous avons rencontrés furent en protestation aux seuls 3% que cette entreprise s’apprête à reverser à partir de cette année aux états pluri indigènes de Bolivie, nom officiel de la république. Face à nos questions sur ce point notre interlocuteur peu avare en mots nous laissent un peu sur notre faim. En avançant sur notre route nous avons donc questionné d’autres Boliviens. ​​​​​​​
’L' enthousiasme des Boliviens pour la politique me rappelle beaucoup celle des athéniens. Ils ont un avis fondé, sont intéressés et prêts à en parler ouvertement. 

Ces nouvelles rencontres nous ont permis de découvrir que les signaux les plus anciens affichant SÍ EVO dataient de 2016. 

Lorsque Evo Morales organisa un référendum pour savoir si le peuple Bolivien souhaitait qu’il brigue un 3eme mandat. Et oui, ici comme aux US, comme chez nous un président ne peut briguer que 2 mandats sous une même constitution (le trick est là). La réponse des Boliviens à 51,3% votèrent NO (versus le SÍ placardé sur les routes). Seulement voilà le gouvernement de EVO Lui même rejeta le résultat et la cour constitutionnelle l’autorisa à se présenter. Et oui puisque entre ses deux mandats il y eu un changement de constitution. Ses deux premiers mandats ne furent donc pas effectués sous la même constitution que les deux premiers #jetembrouille... il avait alors obtenu le droit de se présenter une 3eme fois. Ignorant alors le vote du peuple. Intéressant!
Nous avons également découverts que l’exploitation du Lithium sous le Salar qui à débuté cette année s’effectue aujourd’hui dans un lieu qui n’appartient plus à la Bolivie. Puisque un de nos interlocuteurs nous expliqua qu’autre fois le site pouvait être visité et approché. Aujourd’hui il avait essayé de s’y rendre de nouveau et le site était gardé par des militaires chinois armés, tout était barricadé et il avait été pris en photo et obligé de partager son identité pour seulement s’en être approché. 

Au fur et à mesure de nos rencontres nous avons découvert des individus conscients qu’avoir à la tête du pays un même président depuis plus de 10 ans n’était plus sain. Qu’ils ne se reconnaissaient plus en ce président autrefois issu de peuple et aujourd’hui perdu dans un comportement proche du dictateur ( on nous à même évoqué Hitler...les grands mots). Aujourd’hui en tant qu’observateur extérieur je crois que l’on peut parler de propagande. 

Son portrait est partout. Sa photo à chaque entrée de village listant les accomplissements réalisés dans la région. Ses messages de soutien nous harcèlent sur la route depuis nos 2500km Boliviens. 

Le vote se tiendra en Octobre. 

Nous ne pouvons pas vous en dire plus sur ses opposants puisque pour l’instant nous n’en avons vu aucun signe... 
Rendez-vous dans quelques mois.
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